IL2, cahier de vacances
vols inter-escadrilles en mod ZUTI,
par C6-Barda

« De Barda, nuage de poussières sur la route, 11Heures !»
« Passe de reco, je confirme ! Panzers »
Le Hurricane MkIID vibre et grince, c’est qu’il est lourdaud avec ses deux canons de 40mm accrochés sous les ailes !
« De Barda, en passe canon sur le 1er de la file……loupé », oups et en plus j’ai failli le percuter ce Panzer !
« Cette fois je vise le capot moteur par l’arrière, en piqué accentué, au tir ! »
Boum, boum, boum, ça secoue les départs de 40mm, mais au sol qu’est-ce ça déménage !


« Et maintenant on redressssssssssseeeeeeeuuuuuhhh, arghhhh, ç’était très très juste cette histoire, pfuuui… »
Enfin, ce Panzer ne menacera plus nos tanks, il filait droit vers eux !
« De Barda, j’ai coincé mes volets bêtement, je rentre ventre à terre, vers la base pour réparer et revenir. »
Voilà, on était en Crête, printemps 41, cherchant à réduire la tête de pont Allemande, essayant d’aider nos troupes au sol dans leur progression, afin de reprendre l’aérodrome de Maleme.
Depuis plus d’une heure, nous multiplions les vols pour contenir les troupes et les panzers ennemis.

 
 
   
Les Spits accompagnent les Bostons, et accrochent les Macchi et les 109, pendant que les Hurri-canons passent au ras du sol, pour trouver les convois ennemis sur les routes, en évitant les Bf110 qui font la même chose en face.
Nous volons, combattons, atterrissant tant bien que mal, réarmons, faisons le plein, quelques réparations de fortune et redécollons. Si le zinc est trop abimé, on en prend un autre, mais nos réserves sont limitées, attention, il faut tenir.
« De Barda, j’ai ravitaillé et réparé, je roule, piste libre ? »
« 2 Spit en finale, priorité à l’atterrissage ! »
Une folle journée en Crête !
 

Euuuuhhhhh, en fait,  là, vraiment, j’étais plutôt devant mon PC, seul, en train de parler dans un micro….comme quoi, une bonne sensation d’immersion, c’est ce qui fait le charme de la simulation d’avions, non ?
Je participais à une « Fougasserie », ce néologisme tire son nom de CK-Fougasse, un pilote virtuel de l’escadrille des Casper-Killers. Fougasse a initié des rencontres de pilotes de différentes escadrilles virtuelles pendant les vacances. Les vacances sont une période creuse pour les escadrilles, manque de pilotes disponibles, arrêt des campagnes online organisées, on voit les pilotes errer sur les lobby comme des âmes en peine…
Et si on prenait les 2 ou 3 pilotes présents par escadrille francophone pour faire de belles missions online !
Après des débuts un peu chaotiques, personne n’utilisant la même version du jeu, les mêmes réglages, les mêmes communications radio, Le concept a pris son régime de croisière en fixant des principes simples

  • Un rendez-vous pris sur le forum « Check-Six » qui rassemble une grande partie de la communauté francophone du simulateur
  •  On fixe les paramètres :
    Le jeu : IL2 1946
    Le pack de mods : UP2.01 (c’est le plus répandu online à l’heure actuelle)
    Le mod utilisé : Zuti 1.13 (on reviendra sur ses possibilités plus bas)
    La mission : de 2H environ, elle doit être proche de la situation historique sans être totalement conforme (on évite les grosses bourdes genre un avion russe sur le front Méditerranéen mais on peut choisir un avion qui aurait pu être là pour équilibrer les forces en présence)
  • Tous les pilotes disponibles s’inscrivent et choisissent leur camp.
    Ils reçoivent un mot de passe pour disposer du briefing ad hoc et des infos tactiques utiles (avions dispos, troupes au sol, etc…)
 

 

 
   

Tout ça grâce à l’investissement de PA-Dore (que tout le monde appelle Jipi) qui a repris l’idée de Fougasse et qui a stabilisé la structure
Le soir dit, tous les pilotes se rassemblent en audio sur le serveur Team Speak de la Campagne Francophone en accès libre. Un briefing général, puis on sépare les fréquences Alliés et Axe.


Un p’tit briefing pour son camp, et le serveur Zuti est lancé (sur le serveur FRA-SEOW de PA-Dore)
L’avantage d’une partie en mod ZUTI, c’est de mélanger les avantages des 2 types de parties d’IL2, le DOG et la COOP. Finalement c’est comme une mini campagne d'un seul soir.

  En bref, avant le ZUTI,  dans un DOG, le joueur se connecte à un serveur n’importe quand, prend un avion, va au combat, peut être descendu et revenir prendre un avion neuf. Cela provoque des comportements de joueurs plus proches du casual gaming ou de l’arcade et surtout tous les objets au sol sont immobiles, trains, camions, tank et bateaux. Le monde virtuel est figé sauf les avions.
La COOP, c’est exactement l’inverse, on se connecte avant de lancer la partie, et une fois lancée, plus personne ne peut rentrer. Une fois abattu, on attend la fin de partie pour pouvoir participer à une autre. Par contre, tout l’environnement est mobile, les bateaux, tanks, trains, etc…. se déplacent et combattent entre eux.
En ZUTI, le serveur fonctionne comme en DOG, on peut se connecter, avoir une déconnection, et revenir. Si le serveur est ouvert pendant 2H, vous pouvez profiter de la mission pendant tout ce temps quoi qu’il vous arrive ! Mais surtout le monde est actif, tous les véhicules bougent, le front évolue, les tanks viennent investir et capturer les bases ennemies.
Si vous ne faites rien avec votre parc d’avions disponibles sur vos bases vous allez bientôt vous retrouvez boutés hors de vos frontières !
Vos avions, parlons-en, sont disponibles en quantité et armement limité sur vos bases.
Vous choisissez votre avion en fonction de votre mission (chasse, attaque sol, reconnaissance) et c’est parti 

Un exemple :
C6-Werner part en Douglas Boston pour bombarder les troupes ennemies qui bloquent une presqu’île.
Nos troupes sont bloquées dans une poche, il faut qu’elles puissent s’en échapper.
Werner se dirige en montant vers la zone de combat, houlà mais le combat est rude en bas, on aperçoit des tirs quasi-continu d’artillerie.
Et là, c’est le drame, en s’approchant d’un peu trop près, la Flak se déclenche et c’est l’enfer des traçantes.  


Oups, Werner a prit du plomb dans l’aile mais en utilisant la bonne vieille méthode de la fuite, l’avion est percé de partout mais pas en feu.
Direction notre aérodrome, on se pose en urgence
« Werner, endommagé, demande priorité à l’atterro ! »
Et c’est là que le mod ZUTI est intéressant :

Une fois posé on peut réarmer et réparer l’avion, reprendre du carburant. Tout cela prend du temps selon les travaux demandés et la distance entre l’avion et l’atelier, le stock de fuel et l’armurerie.
Et oui, parce qu’en plus les bâtiments correspondants à ces actions sont physiquement représentés, donc destructibles !

Ils sont donc des cibles tactiques de choix !
En détruisant l’antenne radar d’une base ennemie par exemple, on peut éliminer tout contrôle sur la zone l’entourant.
Même chose pour l’armurerie, détruisez le bâtiment qui contient l’armurerie d’une base et les chasseurs n’auront plus de munitions pour leurs armes de bord, les bombardiers plus de bombes, il leur faudra réapprovisionner sur une autre base plus loin, ce qui laisse du temps pour s’occuper des cibles au sol

     

Passons aux travaux pratiques :
Retour en Crête, mai 1941
Nous sommes du coté des Brits, ceux qui font la guerre en short.

La partie est engagée depuis environ une bonne demi-heure, après un vol de reco en Blenheim pour trouver les troupes au sol, et avoir engagé les Boston sur la poche d’Akrotiri, la situation stagne et pas forcément à notre avantage. Les Spit d’escorte ont fort à faire contre les 109 qui décollent de la base de Maleme. Celle-ci est trop proche du front et les chasseurs ennemis désorganisent nos attaques.
Bref, il faut tenter un coup !

     

Nous disposons de B17D (pas très historique, mais il nous fallait un bombardier pour équilibrer avec les Ju88 d’en face).
On décolle avec l’idée de trouver soit un regroupement de véhicules sur le front, soit de détruire un radar adverse.
Je décolle et reste bas, la situation en chasse n’étant pas très claire.
« De Barda, sur la zone du front, TBA, je ne trouve pas les cibles »
OK, je vais contourner la zone pour aller trouver le radar de Maleme….
Toute l’activité aérienne est concentrée au nord des montagnes qui forment l’épine dorsale de l’île, je traverse les crêtes et me cache derrière le relief pour contourner tout le monde et prendre la base à revers.

     
 
Le problème c’est qu’à la radio, ça n’a pas l’air de se passer bien sur le front…
Enfin j’ai fini mon détour, plus le temps de monter en altitude pour larguer au viseur, et puis je ne sais pas où est cette antenne radar de malheur, alors l’apercevoir de 6000m…..
Ça sera donc une passe basse altitude avec un jeté de bombes par-dessus l’épaule.
Reste à espérer une réaction tardive de la Flak, et que les chasseurs que j’aperçois en circuit d’atterrissage me prennent pour un Junkers ou un Heinkel.
Je me glisse vers la base, je vois les hangars, il y a même un chasseur qui ravitaille sur un parking, mais où est cette antenne ?
J’ouvre les portes de la soute à bombe, le sort en est jeté, et là…….ouuuuuuuuuuiiiiiii l’antenne est là sur un parking, un peu à l’écart. Par hasard, j’ai fait l’approche du bon côté.
Un peu de chance ça fait toujours plaisir.
Par contre, la flak se réveille, trop tard pour l’effet de surprise, mais je vole bas, et les traçantes passent presque toutes au dessus.
« De Barda, en passe sur radar de Maleme »

Je m’aligne, laisse l’antenne glisser son mon nez et…. largage !
Je suis touché, un moteur qui fume, l’avion n’est pas très stable mais ça vole….Maintenant il faut sortir de la zone dangereuse.
Je traine mon quadrimoteur au dessus de la baie, en dehors du champ de la Flak de la base, quand j’entends mes mitrailleurs faire feu !
« Barda engagé, TBA, pieds dans l’eau, baie de Maleme, cap 090, y a queeeelllqu’’unn dans le coooiiiiinnn ??? »
(Oui je sais, la fin du message n’est pas opérationnelle, mais bon, quand l’émotion est là, ça donne de l’impact, et j’avais vraiment besoin d’aide)
« Barda de Clo, j’arrive ! »
 
     

C’est Clo du NNGC1 qui vient à mon secours, qu’est-ce que j’étais content de l’entendre !
J’étais encore plus content qu’il me débarrasse des deux Messerchmitt 109 qui me collaient aux basques. 
J’ai pu ramener mon joli quadrimoteur fumant, et le poser sur notre piste, ahhhhhhhhh, elle n’est pas belle la vie ?
Bon, ce n’est pas le tout, si j’ai visé juste, leur radar est cuit, il est temps de faire du tactique et d’aller soutenir nos tanks qui roulent à fond de train pour aller conquérir leur base.

Je change d’avion. On va décapsuler du Panzer, faut un truc qui découpe….voyons voir…..Hurricane MkIID….c’est vieux, ça s’essouffle, mais il tourne bien, et surtout….il emporte 2 gros fuseaux sous les ailes. Deux canons de 40mm. Ça tape dur ça…..Adjugé !
On part en paire avec Karl des OBT, je me paume complètement en chemin, mais on finit par retrouver la route…..

     
Et c’est parti pour tirer les Panzer au 40mm, avec Karl on enchaîne les passes en annonçant les passes pour ne pas se percuter. Au début, le taux de réussite n’est pas génial, mais en prenant un angle de piqué plus accentué et en visant le capot moteur à l’arrière de la tourelle, pan, pan, pan une rafale de trois et boum !
Par contre, attention à la fascination de la cible, on tire comme un brute pour redresser, vroooouuumm, ça passe pas, ça passe paaaaasssss, pffffuuiii, et si c’est passé…..je dois avoir pelleté du sable avec mon radiateur….
« Les gars, c’est bon, prenez du Hurri, on dégage la route aux tanks ! »
Au bout d’une bonne demi-heure de straffing, nos tanks arrivent jusqu’à la base ennemie, traversent les pistes et la capturent.

La nuit tombe, on n’y voit plus goutte, la bataille se termine, il est temps de se poser, sur notre base fraichement capturée….chute d’adrénaline, pffffffuuuii, j’enlève le casque………………….

Retour devant mon PC, en fait il est entre très tard et très tôt, tout le monde dort ici (enfin si je n’ai pas parlé trop fort dans mon micro).
Un p’tit débriefing entre tous les participants….ça fait du bien, et on a le retour sur le plaisir des joueurs à voler cette mission !
Et là on apprend qu’en fait, avec la passe sur la base de Maleme, on a bousillé non seulement le radar, mais aussi les bâtiments de réarmement. Donc les chasseurs de l’Axe devaient traverser la mer Egée pour se ravitailler et revenir combattre ! Voilà pourquoi, nous avons pu faire des attaques Air/Sol en Hurricane sans être tout le temps sur la brèche….

 
     

Promis, la prochaine fois on éloignera les bâtiments les uns des autres…..
Les Fougasseries 2010 ont rassemblé de 20 à 30 pilotes tous les vendredis soir d’août à septembre.
Merci à tous les participants, en particulier à Jipi et Fougasse.


C6-Barda
Septembre 2010
Quelques liens :
Forums Check-Six !
http://www.checksix-forums.com/
Pack de Mods ULTRAPACK :
http://ultrapack.il2war.com/
http://ultrapack.il2war.com/index.php/topic,1536.0.html
C6 Barda pour www.checksix-fr.com