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.:: Review IL-2 Sturmovik ::.
Tuesday 27 November 2001


Il2, ou la place rouge un 8 Mai sur son moniteur


Vive le NN donc, d'autant que tous la plupart des monoplaces de chasse Yakovlev sont pilotables: Yak1, Yak7, Yak-9K/T/U, Yak-3… du beau monde certes, mais aucun Yak-9D, ce qui est relativement dommageable lorsqu'on sait qu'il fut la monture principale du GC3 Normandie durant toute la période s'étalant de Aout à Décembre 1943, une époque ou le NN eu à mener des combats à une cadence épuisante au-dessus de Smolensk…

Il est limpide que les aficionados de l'aéronautique soviétique vont être servis, avec pas moins de 3 versions du MiG-3, 3 du Lagg-3, les Yaks, le La-5, en y ajoutant les multiples déclinaisons de l'Il-2… Les appareils IA ne sont eux pas en reste, avec une demi-douzaine de versions des Pe-2/Pe-3 par exemple, sans oublier le Tu-2, autre "concurrent" du Sturmovik (bien qu’ayant un également un autre emploi tactique) complétant à merveille l'arsenal d'appui aérien rapproché soviétique. De tels détails font preuve d'une volonté affichée de ne pas laisser de côté des appareils appelés sans aucun doute à être un jour rendus pilotables.

A l'inverse, le choix des appareils accessibles dans le camp de l'Axe peut paraître (relativement) fade: 109F2, G2, G6, G6 tardif, G6/AS et Fw190A4… En sachant que les 109E4, E4/B, E7/B, K4 et les Fw190 A5, A8 et D9 sont par ailleurs inclus dans la sim (sans parler des Me262, He162, Mc202 et autres IAR80/81 par exemple), on peut s'interroger sur une sélection si limitative de chasseurs, d'autant qu'il n'y a pas non plus d'appareil d'assaut disponible pour les joueurs humains dans le camp de l'Axe: Oleg est parti du principe que le pilotage d'un Ju-87B n'avait rien d'excitant, même à l'époque… je partage en partie cet avis. A l'inverse, je suis sûr que le pilotage des Ju-87G et Hs129 ne doit pas être dépourvu d'intérêt, et doit aisément procurer un fun comparable à celui de l'Il-2M3... Ces avions seraient pilotables prochainement dans les extensions suivantes, c'est de moins ce qui a été dit.

En faisant abstraction de ces petites réserves, rappelons tout de même que Il2 est le premier soft à prêter autant d'attention au lignage des 109… et surtout à procurer tant de plaisir à les piloter! Enfin un appareil allemand pouvant se mesurer avec l’adversaire, sans pour autant jouer la pierre volante…


Pratiquement tout ce qui a pu un jour s'embourber dans les fondrières russes est également présent au sol. Comme la plupart d'entre vous l'ont peut-être remarqué, les véhicules ne possèdent malheureusement pas de section graphique mobile en dehors de leurs tourelles et de leurs armes. C'est un parti pris volontaire, et une complication du modèle graphique des chars aurait inexorablement entraîné une dégradation insupportable de la qualité de jeu, l'armée rouge ne lésinant jamais sur les moyens lorsqu'il s'agit d'enlever une position à l'allemand… De toute façon, je ne vous souhaite guère d'avoir à regarder de plus près les chars, tant allemands que soviétiques: un crash au milieu d'un échange de tirs terrestres peut avoir des résultats regrettables pour votre appareil et votre pilote, l'adversaire se faisant une joie de vous rappeler votre relation biblique avec la poussière dès que vous touchez la terre ferme. De toute façon, les troupes ne vous laisseront que très rarement la chance d'atteindre le sol en un seul morceau dès lors qu'il y aura une pièce AA à portée de tir. En effet, l'ennemi n'hésite pas à tirer sans vergogne aucune sur tout parachute en vue, que ce soit un pilote ejecté ou un simple soldat parachutiste… Les canons ne font pas la distinction, et les parachutes en torche ou les corps inanimés pendant en bout de ficelle sont communs.


La guerre blindée est correcte, sans plus. N'attendez pas du génie des équipages: ils suivront rigoureusement les waypoints, et se contenteront de faire feu sur l'ennemi dès qu'il sera à portée de tir, tout en faisant un usage intensif des fumigènes. Il se pourra par contre qu'ils montrent impudiquement ses six heures à un char adverse, concentrés comme il sont sur le suivi de leur plan de route. C'est certes basique, mais c'est déjà pas mal, en tenant compte du fait qu'on oublie vite ces détails lorsque deux divisions blindées se télescopent… A cet instant, le confort de jeu n'est que très peu entamé, et on peut sans risque pour la fluidité du jeu provoquer des affrontement dantesque dans les steppes.

Si l'esprit d'initiative des tankistes est comparable à celui d’une laitue, ils se rattrapent aisément par leur dynamisme à dépenser sans rechigner leurs balles et leurs obus: là encore, les phénomènes pyrotechniques sont des plus fabuleux, et les échanges des plus épiques (et remarquez bien qu’il est toujours possible d'interpréter leur stupidité comme une sorte de bravoure dans le feu de l'action…). L’absence de tout génie tactique se fait tout de même sentir lors de combat entre Panthers et T34 par exemple, où les équipages allemands nous font fortement douter de la supériorité dont on leur a toujours fait crédit dans l’emploi de leurs blindés, un Panther ayant paradoxalement (!) une espérance de vie bien plus courte qu’un T-34/85 ! Il ne faut pas espérer d’Alamo blindé pour la Wehrmacht sans un petit groupe de Tigre ou de Jagdpanther…

Notons enfin que seule l’arme principale de chacune des unités est prise en compte: n’espérez pas voir les tanks jouer de la coaxiale avec les autres éléments du sol… Là encore, c’est un parti pris pour améliorer la fluidité en éclipsant un facteur qui, de toute façon, serait passé inaperçu dans une sim de cette ampleur…

Les combats urbains ont par contre ma mention toute particulière: les canons antichars savent tirer parti des grandes rues bien dégagées, et la supériorité théorique des chars lourds allemands peut vite être mise en péril par d'audacieuses manœuvres de contournement. Les tirs fusent, et tous les éléments du décor (arbres, maisons, véhicules statiques, ponts) ne tardent pas à se faire transpercer ou démolir de toutes parts, transformant les villes en gigantesques champs de ruines là où les aciers tordus s'entrechoquent.


Des œuvres d’art volantes

Ce qui frappe dans Il2, c’est bien sûr le graphisme aérien. Jamais un tel niveau n’avait été atteint dans la simulation WW2, même avec CFS2.

Les effets de lumière sont exceptionnels, et la limite du photoréalisme de rapproche à grandes enjambées. Certains reprocheront cependant une réverbération parfois exagérée, et des insignes/cocardes par défaut ressortant trop mate sur les camouflages, trahissant leur pose après-coup sur les appareils. Un tel effet peut être atténué en diminuant la luminosité dans les options graphiques du jeu.


Le point primordial, la crème de Il-2, c’est la modélisation des dommages. Jamais nous n’aurons atteint un stade pareil là encore, depuis WW2f et CFS2. La tôle se corne, l’huile saute au nez du cockpit, des morceaux se détachent, des projectiles crèvent de par en par le fuselage des appareils, etc… Chaque partie vitale est localisée, et vous vous surprendrez à remarquer que tel ou tel appareil a bien son réservoir de kérosène là où il était historiquement. C’est particulièrement jouissif pour les tireurs de précision: quel satisfaction lorsqu’on s’acharne à la mitrailleuse sur l’emplanture de l’aile d’un Yak, pour voir un fin filet d’essence couler du réservoir crevé, puis à force d’acharnement, voir cette petite traînée se transformer en grosse fumée noire, puis en terrible boule de feu sur l’aile de l’infortunée victime, laquelle n’hésite plus dès lors à sauter pour voir son appareil, suivant les jours, s’écraser sur le sol, ou plus souvent disparaître dans une gigantesque boule de feu… C’est ça aussi la magie de IL-2


La pyrotechnie, en parlant d’elle, est également un des points forts du jeu. En totale symbiose avec les éléments du décor, elle n’hésite pas à se manifester à point nommé lorsqu’on en a besoin, pour le plus grand plaisir de nos yeux. Les moteurs qui flambent brusquement sont du plus bel effet, et à la vue des cockpits ardents des 109, on se souvient soudain que le pilote était assis et appuyé contre le réservoir de sa bête…


Il-2, c’est aussi tous ces détails qui font la différence: la présence de tous les blasons de tous les groupes ayant jamais participé à la guerre aérienne sur le front de l’Est, sans oublier les insignes roumains, italiens, hongrois, finlandais et français pour le NN, disponibles dans l’éditeur, et en dog multi également! On note également le collimateur décalé sur les appareils allemands, et la possibilité d’avoir ou non la vue alignée sur ce fameux viseur, ou encore la possibilité pour le mitrailleur dorsal, s’il n’y prend pas garde, de hacher son gouvernail…
IL-2 est parsemé de détails, bien que certains manquent (pour ça on a des pinailleurs attitrés sur le forum), mais on ne peut que tomber dans un coma d’admiration lorsqu’on voit, par exemple, que le vice a été poussé jusqu’à inscrire aléatoirement des noms de femme ou des messages sur les bombes, comme ça a été d’usage (et comme il est encore d’usage de nos jours), votre 190 ou les Ju88 se tripatouillant avec des bombes pour plusieurs identifiées avec un nom qui leur est propre, inscrit avec amour à la craie sur leur acier!

  Alain-James
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