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.:: Review de Pacific Fighters ::.
Thursday 11 November 2004

Pacific Fighters a ce qu’il faut pour s’imposer comme la nouvelle référence de la simulation de combat dans le Pacifique. Et si ce n’est certes pas uniquement faute de concurrents, ça aide quand même....

* Un "monopole" de fait *
Pacific Fighters : une boite format DVD avec un manuel squelettique et deux CDs l’un sur l’autre (brrr vive le confort) – c’est le standard actuel, et il y a peu de chances que cela change. Bah, l’important c’est d’avoir le soft, mais je suis persuadé qu’un manuel de 200 ou 300 pages, en plus d’aider les gens à se familiariser avec les machines, ajoute incontestablement à l’immersion d’un logiciel. Heureusement pour vous, si vous avez déjà touché à la série Il-2, PF ne vous paraîtra pas franchement neuf dans son fonctionnement et dans sa philosophie.
On a la possibilité d’installer Pacific Fighters en version stand-alone ou en version extension, sur une installation antérieure de Forgotten Battles et de son Ace’s Expansion Pack. Disons tout de suite que la version stand-alone est, a priori, promise à l’oubli à plus ou moins court terme, puisque la très grande majorité des parties online se jouent avec la version "add-on", et il vous sera assez difficile de trouver des parties "PF only" ne faisant appel qu’aux appareils et aux cartes de cette version bien distincte. Un bundle Forgotten Battles + Ace’s Expansion Pack est déjà disponible aux Etats-Unis depuis l’année dernière – il est à parier qu’une offre comparable va apparaître sur les étalages français pour ceux qui n’auraient pas déjà acquis ces deux logiciels, bien qu’il y ait des chances que l’on y inclut Pacific Fighters en prime – nous devrions avoir des nouvelles à ce sujet sous peu.

Bon ça s’allume… Premier point que je trouve particulièrement positif : un remaniement des couleurs et de l’ambiance du menu principal – et des menus principaux. Ca va paraître futile, mais la musique pour une fois est plutôt en phase avec l’environnement – en prime, on a droit à un très beau fond graphique avec des coloris qui contrastent fortement avec la pâleur de ceux d’un Il-2 ou d’un FB. Bref ya enfin un peu de soleil dans cette interface!
Il n'y aura rien de plus de ce côté-là: tout le monde aura bien l'impression de se retrouver dans un FB/AEP transposé dans le Pacifique. Pacific Fighters affiche très fortement sa filiation directe, preuve s'il en était encore besoin que le produit ne doit pas être envisagé sous l'angle d'un nouveau jeu à part entière. Le bon point au moins là-dedans, c'est qu'aucun vétéran ne se perdra là-dedans!

Quelle est la situation du théâtre virtuel du Pacifique en 2004 ? Quelques observations sur les deux plus gros concurrents du nouveau soft:
- 1942 : Pacific Air War aurait tout pour être une grande simulation de nos jours – avec des graphismes de 1993 cependant…
- Combat Flight Simulator II a des graphismes encore regardables, mais il lui manque tout le reste : variété des navires et des appareils dans le jeu de base, recherche et fond historique, etc…

Bref a priori la voie est libre pour un nouveau programme, environ 4 ans après CFS2, et c’est Pacific Fighters qui va probablement reprendre le flambeau sans difficulté, sans pourtant parvenir malheureusement à réunir toutes les qualités cumulées des deux softs précédents. Rien de honteux là-dedans, mais la simple idée que PF aurait pu être bien plus que ce qu’il n’est déjà – un petit sentiment de manque qui, à mon sens, n’était pas aussi présent sur le front de l’Est. De ce côté là, le choix des appareils est révélateur.

* Les avions de Pacific Fighters *
Le bestiaire aérien de PF est assez représentatif du théâtre – en particulier lorsque l’on possède déjà FB & AEP. Basiquement, les appareils disponibles sont représentatifs des grandes qualités, mais aussi des lacunes du produit : bien que numériquement parlant l’éventail d’appareils disponible écrase ses deux concurrents antédiluviens, on ne peut pas ne pas noter l’absence des torpilleurs monomoteurs dans le domaine des avions pilotables (TBF/M Avenger, B5N Kate…), mais aussi dans le domaine des avions modélisés tout court – et particulièrement du Devastator ! Dans le même ordre d’idée, autant certains avions comme le Dinah sont déclinés en trois versions, autant certains autres appareils, pourtant plus ou moins indispensables à la facette navale des combats, sont eux aussi purement et simplement absents (Helldiver et Judy tout particulièrement).
Ces choix sont souvent le fruit de plusieurs facteurs, à savoir la disponibilité des sources (surtout dans le cas des appareils japonais), mais aussi et surtout les délais et les moyens impartis au projet, dans le cas où ces avions et leur possible cockpit ne sont pas le fait de créateur 3rd party. Pour le reste de l’éventail, nul besoin de bouder notre plaisir : on a droit à une Superfortress, un Liberator, une floppée de Mitchells et de Beaufighters, j’en passe et des meilleurs dans le camp allié – c’est moins criant dans le camp japonais, qui n’a pas eu la chance d’avoir le même traitement en ce qui concerne les poids lourds (on a bien un Emily, mais où est le Mavis ? On a certes un Betty, mais quid du Nell ou du Sally ?).
A cela s’ajoutent les chasseurs et les bombardiers légers les plus caractéristiques du front en versions jouables (Ki-43 Oscar, Ki-61 Tony, A6M Zero décliné en de multiples versions, le Frank de FB, F4F, F6F, F4U, P-40 B et C, P-400, Seafire, Dauntless, D3A Val, etc…) ou non (Oscar tardif, N1K George, J2M Jack, Ki-46 Dinah, B5N Kate, TBF/M Avenger, etc…), quelques perles (avec un Rufe – version hydroplane du Zéro) et quelques lacunes plus ou moins graves, comme vu plus haut (Nick, Irving, Judy, Devastator, Helldiver, divers bombardiers moyens japonais, quelques unterplanes du genre du Ki-27, etc…). Je ne me prononcerai pas trop sur le comportement des appareils – ni sur la controverse des .50 qui survit plus ou moins au passage sur Pacific Fighters – mais la plupart d’entre eux ont un comportement conforme à l’idée qu’on s’en fait, bien que la bêtise de l’IA, incapable de travailler correctement dans une optique d’attaques éclairs et recherchant systématiquement le dogfight, condamne automatiquement certains appareils à perdre contre d’autres pourtant jugés inférieurs : mettez des P-40 face aux plus basiques des Oscars, il est assez tragique de voir comment il se font balayer quelque soit le niveau des pilotes IA ! Plus généralement, pas de révision visible dans le fonctionnement des modèles de vol, et comme d’habitudes, certains (genre le SBD) font plus léchés que d’autres.

Je n’émettrai aucun avis personnel allant dans le sens d’un côté avantagé vis-à-vis de l’autre. Je pense que le Pacifique se prête encore moins à ce genre d’accusations que le front Russe, puisqu’on pourra difficilement accuser le team d’Oleg de nationalisme exacerbé dans le réglage des performances de tel ou tel appareils américain ou japonais… Et si il y a des déséquilibres, je pense qu’ils sont d’abord à chercher dans le moteur du jeu parfois déficient que dans un possible complot anti-japonais ou anti-américain. Le fait que davantage appareils américains que d’appareils japonais semblent dès à présent disponible doit aussi à mon avis être mis sur le compte de certaines considérations de planning et d’organisation qui les ont avantagés dans un premier temps – sachant que les addons à venir devraient rétablir l’équilibre de tout ça. Après tout, si il n’y a pas de torpilleur embarqué, vous conviendrez que c’est probablement d’abord par manque de temps et/ou de moyens, et non pas parce que l’équipe de développement n’aime que les chasseurs et les bombardiers :)

Le fait que le prochain update s’oriente vers un nouvel überplane local – le Ki-100, bien que personnellement ça me plaise bien malgré tout : ) – plutôt que vers les vieux coucous poussifs peut parfois inquiéter sur le principe, même si je reste à peu près confiant pour l’instant…
Graphiquement, et la systématisation de splendides Nose Arts pour la plupart des appareils US concernés par le phénomène, rien de neuf pour les appareils – ils sont pour la plupart modélisés à un niveau très convenable, plutôt convaincant, même si certains modèles de dommages restent soit perfectibles (moches, moches et triplement moches les fuites d’huile sur B-29…), soit à débugger (cf. le B-17E, les hardpoints sur certains Corsairs, j’en passe…). Les cockpits de leur côté sont particulièrement réussis pour la plupart, très dépaysants sur les appareils japonais – et surtout jouissifs dans le cadre des nouveaux appareils multistations (B-25 et A-20 principalement, et bientôt le Betty mentionné sur la boîte également). L’apparition des viseurs optiques est très rafraîchissante, particulièrement sur le Oscar, où la faiblesse de l’armement vous oblige à placer chacune de vos balles là où ça fait vraiment mal – dans ce cas, un viseur pseudo-télescopique, ça aide ! Les vétérans retrouvent quant à eux le viseur optique du Val de Pacific Air War – les cockpits ne vous dépayseront pas tant que cela…

* L’appontage et l’intelligence artificielle aérienne *
Les opérations aéronavales, grande spécificité du produit, ont bénéficié d’un traitement plus ou moins poussé. Si d’une part on peut noter la prise en compte de détails bien précis dans ce domaine (ouverture de verrière et surélévation du siège par exemple) et d’une séquence d’appontage physiquement plutôt crédible et divertissante, le concept souffre de quelques grosses lacunes (absence de LSO ou d’une forme d’assistance à l’appontage graphique ou sonore, pas de prise en compte du catapultage) et d’autres petites fonctionnalités manquantes bien qu’annoncées (les ascenseurs…), qu’on ne reprochera pas aux développeurs sur le fond puisque personne ne l’a jamais fait avant. Disons que les opérations aéronavales ont été envisagées sous l’angle d’une base aérienne qui se déplace : la gestion des circuits d’approche est la même, et l’IA n’a pas été énormément modifiée en conséquences (en témoignent les collisions aériennes quand deux groupes cherchent à apponter dans le même cycle…).

  Alain-James
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- ©2003 Bernard Valencelle 'Benhur' -