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La simulation sur grand écran

La simulation sur grand écran

Philips 43″ LED – Momentum 436M6VBPAB

 

Comme beaucoup de matériel, les écrans informatiques n’ont cessé d’évoluer ces dernières années.

Les évolutions sont multiples, résolution, connectique, format… tant de déclinaisons qu’il est tout simplement devenu assez compliqué de devoir choisir un écran.

Le tout est noyé sous une tonne de caractéristiques techniques à l’utilité plus ou moins réelle, assaisonnée d’une grosses couches de marketing et le cocktail devient vite imbuvable.

Évidement, nous sommes sur Checksix-fr, et nous allons nous concentrer sur ce qui nous intéresse : la simulation ! Nous évoquons rarement les écrans mais une réflexion sur le sujet de temps en temps peut amener son lot de bonnes surprises.

Cet article est issu de ma quête de l’écran simmeur qui m’a conduit à essayer de multiples solutions.
J’en ai retenue une qui me convient tout à fait, je vous souhaite de trouver la votre.

On est plus proche du billet d’humeur que de du test, mais le choix d’un écran est tellement personnel qu’il m’a semblé intéressant de vous faire partager ma démarche.

Le début de la quête

Utilisant depuis de nombreuses années une configuration bi-écran 24 et 22 pouces, les progrès graphiques de nos simus appellent à être mieux exposés. Commence alors le casse tête.

En général, on change d’écran pour gagner en surface d’affichage et/ou en résolution. Dans mon cas, je voulais également rationaliser l’installation pour passer à un seul écran.

L’espace disponible

C’est la première question à se poser, quelle est la marge de manœuvre.
Cela serait dommage de s’équiper d’un ensemble qui occupe trop de profondeur ou trop de largeur. En plus de la surface disponible, il est de bon ton de mesurer la distance de travail entre la future dalle et l’utilisateur.

Si vous jouez à 40 cm de l’écran, inutile d’aller chercher une immense dalle.

Pour ma part, mon bureau est aussi mon lieu de travail, j’ai donc la chance de disposer d’une surface assez généreuse (1.20 mètre de large par 65cm de profondeur), je « pilote » à un peu plus de 80 cm de la dalle.

Le format

La il faut reconnaître que c’est la jungle, l’offre est immense allant du standard au très exotique comme le très large Samsung de 1.24m de large mais pour une hauteur d’écran de « seulement » 35 cm… un format 32/9eme !

C’est la qu’il faut réfléchir à ce que l’on veut et ce dont on a réellement besoin.

Pour la simulation de combat, nous voulons un maximum de surface pour disposer d’un maximum d’informations lisibles à tout moment. Nous allons donc rechercher à afficher un maximum le cockpit ainsi que l’environnement extérieur. Si compromis il y a, c’est entre ces 2 paramètres qu’il faudra choisir.

Les formats larges permettent d’admirer le paysage latéral. Au roulage ou en vol de transition, en patrouille comme au ravitaillement, il est plaisant de profiter de cette ouverture qui favorise l’immersion et la sensation de vitesse.

Le champ de vison large permet de mieux saisir ce qui se passe autour de l’appareil. Du moins tant qu’on vol à plat. Des que l’on vire, le coté intérieur du virage affiche une partie du paysage mais pas forcement l’endroit vers lequel nous porterions naturellement notre regard ce qui peut être quelque peu frustrant.

Dans cette situation, la large visibilité perd un peu de son intérêt (a moins de voltiger en patrouille), il est par contre idéal pour la simulation automobile.

Le point fort initial de ce format devient son point faible des que ça manœuvre dur.

Autre contrainte, les moteurs 3D de nos simulateur ne sont pas forcement confortables avec un tel angle de vision, ce qui peu aboutir à des déformations désagréables aux extrêmes gauche et droite de l’écran pour les formats les plus larges.

Pour limiter ce phénomène, il reste possible de faire fonctionner le simu en mode fenêtré afin de ne pas trop ouvrir l’angle de vue. On utilisera le reste de la surface pour afficher les utilitaires des communications comme Teamspeak ou Discord.

Autre inconfort de ce type d’écran : quand ’on affiche de manière importante le tableau de bord, on sacrifie la vision verticale. En dogfight, il faudra déplacer la vue pour caler la visée en bas d’écran pour offrir un maximum de visibilité pour traquer un appareil. On perd alors toute lisibilité du tableau de bord. Si l’on dispose d’un Track IR ou équivalent, le problème est moindre, mais on reste désavantagé vis-à-vis d’un moniteur offrant une meilleure visibilité sur le plan vertical.

Sur les écrans « extrêmes » comme le Samsung C49HG90 ; en regardant attentivement la résolution, on constate que sur l’axe vertical, celle-ci reste de 1080 pixels, soit identique à celle d’un moniteur HD standard. Changer pour cet écran ne vous apportera aucune amélioration de lisibilité verticale, si vous venez d’un écran HD 16/9 classique (1920×1080 pixels). Pourquoi aller vers ce format si ce dernier se révèle peu adapté a la simulation de combat type « Dogfight ».

La mode

La mode est aux écrans gamers, c’est-à-dire optimisés pour les joueurs/jeux vidéo.
Il y a pléthore de modèles et les prix s’envolent très vite.

Certains 32 pouces flirtent avec les 1000€ la ou il est possible de trouver des écrans de même taille à résolution identique pour quatre fois moins chèr.

Noyés dans un flux de fonctionnalités plus ou moins marketing, on peut retenir de ces écrans qu’ils proposent un taux de rafraîchissement bien supérieur au nombre d’images par seconde générés par nos simulateurs.

Et qu’ils supportent 2 technologies vouées à disparaître en raison d’une standardisation de la fonctionnalité de synchro de l’affichage carte vidéo écran.

NVidia propose le G Sync qui nécessite une électronique spécifique et génère un surcoût d’une centaine d’euros (ou plus) pour les écrans qui en sont équipés. AMD, gère le Freesynch dont l’objectif est relativement identique.

Ces 2 normes seront naturellement supplantées au profit de l’Adaptive Synch qui est un standard technologique international. NVidia se met à le supporter depuis les dernières versions de leurs drivers, ce qui limite l’intérêt l’achat d’un écran G Sync nettement moins intéressant…

Et si la solution était ailleurs

Comme nous l’avons constaté, les formats ultra larges ne sont pas forcément les plus adaptés à la simulation.

Un simple 16/9 allie une bonne largeur d’image mais surtout un large champ vertical permettant d’afficher un bon équilibre « cockpit/horizon ».

Avec ces paramètres, 16/9, grande surface d’écran, arrive la possibilité d’utiliser un écran de télévision. On en trouve de grande taille, à des tarifs bien plus intéressants que nos écrans informatiques.

Cependant, il faut être attentif à la latence (temps de traitement entre l’entrée des données et leur affichage par l’écran) et cela peut se révéler peu confortable en utilisation quotidienne ou bureautique.

Le développement des consoles de salon a poussé certains fabricants à diminuer les latences d’affichage, tant mieux pour nous ! Un écran de télévision peut donc se révéler un excellent choix pour quelqu’un qui dispose d’un cockpit par exemple.

Ecran et grande dalle…

Il existe cependant un fabricant qui a compris qu’un compromis télé écran pourrait intéresser certains utilisateurs, c’est Philips.

Philips, c’est un peu l’homme à tout faire de l’électro ménager. Du radio réveil aux lampes, en passant par les télés aux biberons, rasoirs projecteurs…et les écrans informatique.
Si la marque n’a pas une identité de spécialiste, elle sait toujours se positionner en proposant des produits intéressants ou innovants à prix correct.

Dans sa gamme, Philips propose un écran de 43 pouces 16/9, 4K aux standard technique actuel (HDR, HDMI, DisplayPort et MiniDisplayport…). Son prix, autour des 700€ le positionne 200€ moins chèr qu’un écran Gamer 32 pouces de résolution équivalente (ou inférieure), tout en offrant une surface bien plus conséquente. Rendu à ces tarifs, on a affaire à de bonnes dalles offrants de belles couleurs et luminosité. Nous ne nous attarderons pas sur ces points, les critères et appréciations personnels entrent en jeu. A moins d’être un expert, l’essentiel des utilisateurs seront satisfaits.

Son seul défaut, il plafonne a 60 hz ce qui peut être gênant si vous êtes amateur de jeux de tir a la 1ere personne très nerveux et que votre PC est capable de les faire tourner à plus de 60 images secondes. Cependant, si vous ne disposez pas déjà d’un écran capable de tourner à 100 hz et plus, cela ne vous gênera en rien. L’écran est compatible  Adaptive Sync et fait parti des modèles compatibles et validés par NVidia… ceci dit vue les plages de fréquences offertes par ce moniteur, l’intérêt reste assez relatif. C’est la le vrai point noir de ce moniteur.

La résolution 4K apporte une finesse très intéressante à l’image. En air sol, on distingue mieux les cibles au sol (enfin, selon le simu car DCS réserve parfois quelques surprises sur le sujet), l’identification Air Air est facilitée mais c’est avant tout les textures qui profitent avantageusement du niveau de détail. On est enfin à même de profiter du talent des graphistes qui décorent nos avions virtuels. On distingue aussi des détails nouveaux tels que la trame des tissus, les antennes sur certain bâtiments qui ne semblent plus apparaître au dernier moment…

Sur des jeux tel Arma, il est bien plus aisé de localiser et identifier les adversaires, on devient également plus précis dans ses tirs. Pour exploiter cette résolution convenablement, il faut évidement disposer d’une carte graphique puissante (1080 et + recommandée) mais la finesse graphique permet également de baisser les exigences coté anti aliasing, ce qui donne un peu d’air au couple carte graphique/processeur. Si vous ne disposez pas d’une carte graphique très puissante, vous pouvez vous contenter d’envoyer un signal video en résolution plus faible, l’écran se chargera avec brio de redimensionner l’image tout en la lissant un peu. Il est tout à fait possible de jouer confortablement sur cet écran en HD, ce qui le rend compatible avec des configurations plus anciennes, un vrai + si votre carte vidéo date un peu. Cette taille d’écran n’est donc pas uniquement réservée aux PC surpuissants !

 

La surface d’écran conséquente permet d’afficher le cockpit et les instruments à l’échelle 1/1, expérience des plus gratifiantes mais surtout très confortable. Plutôt que d’être crispé sur son écran, on en vient à tourner la tête pour regarder à différent endroits s’en est presque relaxant de retrouver une motricité du cou sans pour autant avoir de Track IR. Cette gymnastique apporte un petit plus en immersion pas désagréable.

Dans le cadre d’un jeu de tir à la 1er personne ou tout va très vite, la surface peut être trop conséquente, pour une bonne surveillance de l’environnement il vaut mieux parfois réduire la taille de la fenêtre de jeu pour se concentrer plus facilement sur l’action. A ce moment, on comprend mieux pourquoi la plupart des gammes d’écrans Gamer s’arrêtent à 32 pouces… au delà on ne voit pas forcement tout ce qui se passe et dans ces jeux ou tout va très vite, c’est un vrai handicap.

 

4K et nombre d’image par secondes

Ma crainte essentielle était avant tout concernant le nombre d’image par seconde qu’allait couter le 4K. En réalité, ca a été plutôt une bonne surprise, même sur les simulateurs civils et leurs scènes très détaillées, j’ai rapidement trouvé un compromis très acceptable, sans devoir descendre en résolution. Sur X-plane, il faudra surtout sacrifier de l’anti Aliasing, mais comme l’écran affiche une image plus fine, cela reste acceptable, d’autant plus que certaines scènes regorgent de bâtiments, bien plus agréable à voir en 4K plutôt qu’une bouillie de pixels.

DCS tourne très bien tout comme Il-2 « Battle of »et consorts… Sans doute hanté par mes expériences du passé, ce passage au 4K s’avère bien plus simple que ce que j’imaginais, les cartes récentes peuvent vraiment l’encaisser. Les machines plus anciennes exploiteront la capacité d’upscalling de l’écran avec joie.

Petite touche sympathique, l’écran est livré avec une télécommande, ce qui facilite grandement les promenades dans ses différents menus de réglage. Pour les nostalgique, il y a un mini joystick situé derrière le coté droit de l’écran. Il est facile a utiliser (une fois que l’on sait ou il est) mais la télécommande reste bien plus pratique d’emploi.

 

Cet écran offre donc une belle alternative à des produit plus Gaming, il ne s’embarrasse pas de 50 fonctionnalités inutiles et se concentre sur l’essentiel, vous donner une belle et grande image. On regrettera sa limitation à 60hz, mais en simu, cette limitation est peu pénalisante. Pour ce qui est des tache plus bureautique, il est vraiment pratique de disposer de l’équivalent de 4 24 pouces, sa permet d’avoir pas mal de document ouverts simultanément… Cela fait maintenant 8 mois que j’utilise cet écran au quotidien et je n’ai aucun regret sur ce choix. La surface et le format d’affichage me conviennent parfaitement.

1 Comment
  1. Jojo
    13/12/2019 at 15:16 Reply

    Merci pour ce retour instructif !

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